Budget 2018 : l’occasion pour la majorité régionale de réaffirmer les priorités qui guident son action

Rarement une préparation budgétaire aura fait l’objet de questionnements aussi forts, tant les annonces de l’Etat sont apparues contradictoires depuis le printemps 2017.

Budget 2018

Il en ressort que, contrairement aux autres collectivités, qui voient les concours financiers de l’Etat se maintenir ou augmenter, l’échelon régional subit un coup de rabot important.

Lors du Congrès de l’association des Régions à Orléans, le Premier ministre a confirmé la volonté du Gouvernement de supprimer, à compter de 2018, le fonds de soutien au développement économique et donc de ne pas l’intégrer dans la fraction de TVA qui sera allouée aux Régions. 

Cette annonce amène plusieurs conclusions. D’une part, que l’Etat ne respecte pas ses engagements. L’intégration du fonds de soutien au développement économique dans la fraction de TVA allouée aux Régions figurait dans la loi de finances 2017. D’autre part, que l’Etat considère que l’on peut transférer une compétence, en l’espèce le développement économique, sans attribuer les moyens d’exercice de cette compétence.

Cela est inadmissible et place les Régions dans l’incapacité d’apporter le soutien nécessaire au développement des entreprises. En effet, comment, dans ces conditions, développer l’économie régionale, donner des marges d’action à nos PME, soutenir l’innovation, aider nos artisans et nos agriculteurs à adapter leurs outils de production et développer l’économie sociale et solidaire ?

Face à ce choix du Gouvernement, les Régions ont unanimement décidé de suspendre leur participation à la Conférence Nationale des Territoires. Elles ont demandé au Gouvernement de reconsidérer cette décision injuste pour rétablir des relations avec l’Etat au sein de la CNT. Cette ressource de 450 M€ ne constitue pas « un cadeau » aux Régions, mais vise à leur permettre de mieux accompagner les PME et les ETI de leurs territoires alors que celles-ci portent l’essentiel de la création d’emplois.

À cela, le gouvernement ajoute une nouvelle diminution des crédits de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (DCRTP) des Régions et supprime plus de 200 contrats aidés dans nos lycées.

Ces mesures drastiques imposées aux Régions sont à l’opposé des déclarations gouvernementales. Alors que les compétences régionales ont été fortement confortées ces dernières années, l’étranglement financier des Régions contrevient directement à notre volonté de développer une action publique efficace et attendue. Face à cette situation, les Régions poursuivent la pression sur le Gouvernement et portent collectivement leurs demandes devant les parlementaires qui ont à voter le budget. Parallèlement nous refusons de faire porter la suppression de 16,5 M€ en totalité sur le soutien à l’économie et à l’emploi.

Cela condamnerait le développement de nombreuses entreprises artisanales, industrielles et de service et condamnerait la reprise de l’emploi. Si une évolution substantielle de la position du Gouvernement ne venait pas rétablir les ressources de la Région au niveau attendu, nous serions conduits à envisager un effort de compression des dépenses dans plusieurs domaines d’intervention. Concernant ce budget, et malgré les contraintes fortes, nous fixons l’objectif de maintenir l’investissement à un niveau élevé supérieur à 300 M€.

De même, nous respecterons les engagements pris devant les habitants et nous poursuivrons le sérieux budgétaire qui caractérise notre gestion. Ce haut niveau d’investissement sera mis au service de nos territoires à travers les contrats de solidarité territoriale, de nos lycées, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de l’économie, de la culture, des transports collectifs et de la transition écologique.

Le budget 2018 sera l’occasion pour la majorité régionale de réaffirmer les priorités qui guident son action : Priorité à la solidarité envers les territoires et les habitants avec les CRST, la gratuité des transports, les cap’asso, Priorité à l’égalité des chances dans le système éducatif comme dans la formation tout au long de la vie, Priorité à l’action économique pour le soutien à l’emploi, au développement des services, de l’industrie, de l’agriculture, du tourisme. Priorité à la transition écologique pour la reconquête de la biopersité, la transition énergétique, une alimentation de qualité et l’économie circulaire.

2018, est une année importante pour le Centre-Val de Loire, avec la prise de compétence dès le 1er janvier des Trains d’équilibre du territoire. Ce sera l’occasion pour notre région de proposer aux usagers des trains modernes d’ici quelques années et de compléter l’offre en matière de transports collectifs, en renforçant l’intermodalité et en améliorant le maillage territorial.

2018 verra la mise en place de l’Agence Régionale de la Biodiversité afin de renforcer la prise en compte des enjeux de préservation et de récupération de la biopersité dans les projets d’aménagement du territoire.

Ce sera également l’année de la structuration concrète du Service Public Régional de l’Energie. 2018 verra se concrétiser les premières mesures issues de la démarche « Faisons vivre une démocratie permanente en région Centre-Val-de-Loire », pour construire une Région citoyenne.

2018 sera aussi l'occasion de préparer les 500 ans de la Renaissance, organisés en 2019, et qui seront l'occasion de donner un coup de projecteur important sur notre territoire régional, qui fut il y a 500 ans le centre de polarité politique, culturel, architectural et scientifique du monde occidental. 2018 nous donnera l'occasion d'être une région à 360 degrés, avec l'élaboration du SRADDET. Ce schéma est l'occasion de nous retourner sur ce que nous avons pu faire ces dernières années pour produire des idées nouvslles et des actions pour demain. L'objectif est bien de répondre aux défis du numérique, de la désertification médicale, de la compétition des territoires, de la modernisation de notre agriculture et de notre économie, au besoin de nos concitoyens en services publics modernes et efficaces...

La démarche « Une région à 360 degrés » se veut participative et en phase avec l'ensemble des territoires de la région, sans exclusive, pour porter une ambition commune au service du Centre-Val de Loire.

Ces orientations budgétaires doivent poser les bases de cette ambition, tenant compte à la fois des contraintes budgétaires fortes, mais aussi des besoins et attentes fortes des habitants de notre région.